Publié par Manu

Interview d'Intissar Haddiya

 

Bonjour Intissar, comment allez vous ?

Je vais très bien. Merci.

 

Pouvez-vous vous présentez en quelques mots ?

Et bien, je suis médecin néphrologue et auteur marocaine, née en 1981. Actuellement, Je suis professeur agrégé de néphrologie à la faculté de médecine et de pharmacie d’Oujda-Maroc.

En outre, j’ai pris part, depuis quelques années, au travail associatif, en tant que membre d’associations de soutien des insuffisants rénaux dans mon pays. Par ailleurs, l’écriture est une activité qui me passionne et que je pratique depuis l’enfance sous différentes formes. C’est un moyen d’expression, d’échange et de partage des idées qui me procure beaucoup de sérénité et un certain équilibre en compensant la difficulté de mon métier.

 

Vous êtes Professeur agrégé de néphrologie à la faculté de médecine d’Oujda Maroc et membre d’associations de soutien des insuffisants rénaux dans votre pays, vous êtes donc très active comment réussissez vous en plus à trouver du temps pour écrire ?

Vous savez, pour moi, la lecture et l’écriture sont deux véritables passions. On trouve toujours le moyen de s’adonner à ses passions. Ce sont deux activités que je pratique chaque fois que je peux, que j’ai du temps libre. C’est une sorte d’évasion agréable qui m’apaise et me ressource. Je ne m’efforce pour ainsi dire jamais à écrire et ne me fixe aucun rituel d’écriture. C’est une activité plaisante qui devrait à mon sens le rester jusqu’au bout.

 

Vos premiers écrits et essais littéraires ont été publiés en langue anglaise par Cambridge University press en 2005, quels ont été leurs accueils ?

Effectivement, j’avais signé un contrat avec Cambridge university Press pour la publication d’essais et nouvelles en Anglais. Certains figurent dans des livres qui ont été réédités un certain nombre defois durant les douze dernières années. Ces livres font partie des programmes d’enseignement dans plusieurs pays. Je reçois régulièrement un feed-back positif à leur sujet via les réseaux sociaux essentiellement de jeunes étudiants Asiatiques et Latino-Américains pour la plupart…Je suis toujours ravie de recevoir leurs messages qui sont franchement encourageants.

 

Comment vous est venue l’idée de votre roman si Dieu nous prête vie ?

J’ai grandi dans un milieu intellectuel ouvert et particulièrement propice à la créativité littéraire. J’ai toujours été entourée de livres, magazines et journaux. Ma mère, psychologue et professeur de philosophie et mon père psychosociologue ont joué un rôle crucial dans mon parcours global. ils m’ont introduit très tôt à la lecture, au respect du livre et au débat des idées et encouragé à m’exprimer de différentes façons, dont l’écriture. J’ai ainsi commencé à écrire très jeune, à construire des personnages, leur attribuer des rôles et tramer des intrigues à l’instar des petits romans de jeunesse que je lisais à l’époque. Je garde d’ailleurs plusieurs manuscrits de ces écrits là. Adolescente, j’ai participé à plusieurs concours d’écriture francophone, en l’occurrence, entre 1995 et 1998 et remporté des prix.

Donc, en fait, mon roman s’inscrit dans la continuité de mes précédents écrits. Il est bien entendu inspiré de mon quotidien de médecin néphrologue face à la lourdeur de la maladie rénale et aux souffrances de mes patients et de leurs familles. J’ai voulu donner une voix à toutes ces personnes, très courageuses et dignes d’admiration qui s’accrochent à la vie et militent, en silence. J’ai tenu à les faire sortir de l’ombre, faire connaître l’étendue de leur douleur et la teneur de leur combat. Voici globalement la motivation majeure derrière cet ouvrage.

 

Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce livre ?

Après mon agrégation en Décembre 2014, l’idée de ce livre avait commencé à germer dans mon esprit. Je l’ai aussitôt mise à exécution, assez rapidement et globalement en une année le livre était bouclé et soumis aux éditeurs.

 

Comment s’est déroulée la rencontre avec votre maison d’édition ?

Pour être franche, je savais que l’édition en France n’est pas très facile d’accès. J’ai tenté ma chance tout de même. Je ne connaissais pas non plus en profondeur le milieu de l’édition française. J’ai regardé une liste sur le net et j’ai soumis à quelques maisons. Mon éditeur, je l’ai choisi car il a été le premier à répondre positivement en disant être séduit par le manuscrit. J’ai eu un bon feeling et j’ai signé un contrat avec lui sans hésitation et je ne l’ai pas regretté.

 

Les personnages de votre livre sont-ils réels, ou inspirés de personnes que vous avez pu croiser au cours de votre activité professionnelle, ou sortent-ils de votre imagination ?

Mes personnages sont tous fictifs mais inspirés de la réalité. Je construis en fait des personnages à partir d’un certain nombre de personnes existantes dont je crois cerner les principaux traits de caractère. La plupart du temps, mes personnages sont composites. Il s’agit d’un mélange de plusieurs caractéristiques psychosociologiques. Par ailleurs, concernant les intrigues, elles sont souvent basées sur des faits réels.

 

En quelques mots et sans nous en dévoiler toute l’histoire, pouvez-vous nous faire un bref résumé ?

Mon roman « Si Dieu nous prête vie » dévoile subtilement le vécu d’un groupe d’individus, appartenant à un milieu socio-économique et culturel modeste qui partagent la même séance de dialyse dans un hôpital marocain. L’ouvrage révèle la lourdeur de la maladie rénale et la difficulté d’accès à la greffe d’organes dans notre pays et décrit aussi la charge émotionnelle qui emplit, contre toute attente les salles de dialyse, ces lieux singuliers où convergent des destins très différents et où se tissent des liens, parfois très forts, entre les patients et aussi avec les soignants. C’est un roman qui donne une voix aux patients dialysés, qui ont tellement de choses à nous apprendre sur le sens de la vie, l’extraordinaire chance d’être en bonne santé et le désir de survie qui persiste même dans l’adversité absolue.

 

Pourrait-il y avoir une suite avec un personnage fétiche de votre histoire si Dieu nous prête vie?

Je n’y ai pas pensé. Mais, oui, pourquoi pas ?

 

Votre livre commence à se faire une jolie place, et notamment au Maroc dans les librairies, quels sont les premiers retours de vos lecteurs ?

Oui, en fait je suis heureuse de constater qu’il a eu un bel accueil auprès des lecteurs. J’ai en effet un bon retour de plusieurs personnes qui l’ont lu. Au delà du thème principal du roman, beaucoup de lecteurs où beaucoup apprécié la manière dont le Maroc a été raconté, décrit, narré. D’autres ont été perturbés par l’intensité de la charge émotionnelle que dégageait certains personnages qu’ils ont trouvé particulièrement attachants. Par ailleurs, je crois que tous les lecteurs sans exception ont été sensibles au message majeur concernant la nécessité du don de soi pour sauver des vies.

 

Au travers de cette histoire, on perçoit véritablement un mode de fonctionnement différent du domaine médical, au Maroc, et notamment par rapport à la France, est- ce que les choses commencent à bouger et se mettre en place Ici au Maroc ? (et si oui quels sont ces changements ?)

Oui, en effet, beaucoup de progrès est fait dans ce domaine grâce aux efforts de l’Etat, des sociétés savantes et de la société civile. Nous avons, au Maroc, un programme de greffe à partir du donneur vivant et du donneur en état de mort encéphalique qui évolue progressivement. L’information des citoyens et leur sensibilisation quant à l’intérêt du don sont la pierre angulaire qui pourrait garantir le succès de ce programme et beaucoup d’efforts sont actuellement déployés dans ce sens…

 

Votre livre fait-il prendre conscience de l’importance du don d’organes ? Les gens ayant lus votre ouvrage ont-ils changé leurs comportements face justement aux dons d’organes ?

C’est incontestablement l’une des plus grandes satisfactions que me procure mon échange avec les lecteurs. Beaucoup, essentiellement ceux qui sont loin du domaine médical, ne se doutaient pas de l’intérêt d’un tel traitement ni de la difficulté d’y accéder. J’avoue que beaucoup de gens m’ont exprimé à quel point cette lecture a changé leurs idées à ce sujet, modifié quelques à priori, et à enclenché certaines questions existentielles sur la vie, la mort, le fait qu’un organe puisse continuer à vivre après le décès, les notions de générosité et de solidarité dans les sociétés humaines…

 

Ou les fans de votre roman peuvent ils vous rencontrer ?

Je fais plusieurs rencontres dédicaces que j’annonce régulièrement via les réseaux sociaux, où j’annonce les évènements à venir. J’essaie d’utiliser les moyens modernes de communication. J’échange et interagis avec les lecteurs assez régulièrement aussi à travers ces réseaux sociaux.

 

Allez vous parcourir divers salons du livres (Maroc ou ailleurs) ?

Oui bien sûr. Mon éditeur me propose différents salons, en effet. J’y participe en fonction de ma disponibilité. J’ai un métier très prenant vous savez. Cela demande une certaine organisation bien entendu.

 

Avez-vous repris votre plume d’écrivain ?

Je ne l’ai en fait jamais déposée. Une passion reste une passion… L’écriture est une activité qui fait partie intégrante de ma vie.

 

Avez-vous quelque chose à nous dire, un message à faire passer au sujet de votre livre et son histoire ?

Lorsqu’une vie s’arrête, d’autres devraient bien continuer dans la dignité et la bonne santé afin que chaque jour compte…chacun d’entre nous est capable d’un tel acte, d’une telle prouesse. Il suffit de faire le choix du don de la vie et d’en parler autour de soi.

 

Intissar, une question que vous auriez souhaitez que je vous pose ?

Oui, j’aurais aimé que vous me demandiez ce que je lis en ce moment. J’aurais ainsi eu l’occasion de vous parler du merveilleux livre qui me tient en haleine ces derniers jours. Mais, bon çà sera pour une autre fois.

 

Avant de nous quitter auriez-vous quelques secondes pour nous répondre à quelques questions en un ou 2 mots ?

Si vous étiez :

  • Une couleur ?

Le rouge

  • Une odeur ou un parfum ?

Le musc

  • Une saison ?

Le printemps bien sûr. Qui n’aime pas le printemps ?

  • Un jour de la semaine ?

Vendredi…la veille du week-end

  • Un lieu ?

La ville de Safi

  • Un plat ?

Pastilla au poulet

  • Un dessert ?

Une pomme

  • Une boisson ?

L’eau minérale…pure et transparente.

  • Un livre ?

"Conscience contre violence" de Stefan Zweig. Un livre qui m’a beaucoup marqué

  • Une chanson ?

Strangers in the night de Franck Sinatra

  • Une fleur ?

Camélia

  • Un personnalité que vous auriez aimé être ( réelle ou Fictive)

Maya Angelou…cette femme m’a toujours intrigué.

  • Un verbe ?

Vivre

  • Un objet ?

Un livre certainement…un roman

  • Un adjectif ?

"Serein"

  • Une qualité et/ou un défaut ?

Trop optimiste…c’est forcément un défaut

 

Intissar, Merci beaucoup.

 

Je ne peux que conseiller à tous nos lecteurs de foncer commander et acheter votre livre, qui est véritablement un de mes coups de cœur littéraires de ces derniers mois, et de découvrir aux travers de vos écrits la vie au Maroc, avec ses odeurs, ses couleurs, ses traditions, et ses personnes d’une générosité extrême.

Rempli d’émotions et d’espoirs votre livre fait beaucoup de bien…

Retrouvez mon avis sur le livre en cliquant ICI

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