Publié par Manu

 

 

Interview de Bénédicte Vidor-Pierre

 

Bonjour Bénédicte, comment allez vous ?

Ça va, je vous remercie. Et merci de cette invitation.

Pouvez nous racontez votre parcours en quelques mots ?

Je suis tombée dans l’enseignement très jeune, mon père ayant fondé un établissement scolaire pour enfants et adolescents en difficulté. Par suite, malgré mon parcours chaotique au collège et au lycée, (car je n’étais pas très sage et j’ai souvent été renvoyée) j’ai fait des études de philosophie puis de Lettres modernes. J’ai donc continué à enseigner dans l’éducation nationale, avec quelques pauses pour ne pas perdre mon enthousiasme. J’ai créé une société de soutien scolaire à Lyon puis il y a quelques années je me suis investie en tant que bénévole au sein d’une association littéraire où j’ai eu la joie de croiser la route de textes et/ou d’auteurs tels que Martial Victorain et Cathy Calliègue. Depuis peu, le démon de l’écriture m’a repris et avec un peu plus de maturité je me suis lancé dans l’écriture de roman. J’ai eu la chance d’être appelée par Bruno Ochin des éditions abordables l’année dernière.

Pour écrire dans quel environnement vous trouvez vous ? Préférez le calme ou le bruit ?

Le calme pour écouter une petite musique intérieure.

Quand et comment avez-vous commencé à écrire ?

Très tôt. J’ai toujours aimé griffonner et noircir des pages. Petite, je parlais à ma tortue via mes cahiers. Mais ce n’est que depuis quelques années que j’essaye de faire quelque chose d’à peu près aboutie.

Comment est arrivée l’idée de votre roman Syndrome O ? Et pourquoi ce titre ?

Mes études de philosophie ont été une vraie révélation, c’est une véritable colonne vertébrale et je tente par là même de poser quelques questions, sortir des évidences et des lieux communs. Le regard des animaux et notamment des grands singes m’interpellent, de même que la volonté évidente de ceux-ci à créer du lien. Des lors, la question du rapport que nous entretenons avec le monde et avec eux s’est posée. Qu’est-ce qui nous distingue d’eux ? Le langage ? L’âme ? La conscience ? J’ai essayé de bouger les lignes en évoquant les capacités étonnantes des grands singes. Aussi, ce serait davantage notre volonté à donner du sens que l’on pourrait associer à une volonté de justification à vivre qui serait la frontière entre le monde animal et l’Homme, le fameux « syndrome O.» Syndrome imaginaire qui serait une propension proprement humaine mais aussi nous émancipant de l’ici et du Maintenant, véritable modèle épistémologique survalorisant le comprendre au détriment d’une véritable co-naissance au sens littérale du terme : naitre avec.

 

Avez-vous mis beaucoup de temps pour écrire cet ouvrage, vous a-t-il demandé des recherches intenses et particulières ?

Je me suis documentée sur les derniers travaux des primatologues aux Etats-Unis et je suis allée un certain nombre de fois au zoo de St Martin la Plaine à côté de Lyon.

 

Avez-vous rencontré un(e) ou des primatologue(s) pour l’écriture de votre livre ?

J’ai lu Levi-Strauss, Margaret Mead, Dian Fossey, Jane Goodall et Francine Patterson

 

Avez-vous été en contact avec des primates ?

A St martin la Plaine, Platon et Digit, une petite gorille étonnante.

 

Le fait de communiquer avec les primates par le langage des signes, est il réel ou fictif, ou était-ce un point important qui vous tenait à cœur pour d’autres raisons ?

C’est tout à fait réel ! Je n’ai strictement rien inventé concernant le langage, hormis le passage à l’université et l’absoute. Par ailleurs, on peut déjà aisément constater que l’ensemble du règne animal possède un langage corporel ! Cette faculté des grands singes à parler, ce langage muet des grands singes est significatif en tant qu’il est le fruit d’un travail inter espèce.

 

Auriez-vous aimé être Dian Fossey ou Claudine André ? (ou un primate ? sans mauvaises pensées et tout en bienveillance)

On ne peut pas avoir plusieurs vies. J’ai fait des choix qui m’ont ouverte à d’autres choses, mais ces femmes sont fascinantes.

La cause animale et la reconnaissance des primates et leur intelligence par l’homme, est elle une cause que vous défendez ?

Absolument, et au-delà le rapport de l’Homme avec son environnement. Questions omniprésentes pour notre civilisation qui doit absolument se repenser au regard des enjeux environnementaux et écologiques.

 

Partiriez-vous en immersion dans un refuge tel le sanctuaire de l’association Lola Yo Bonobo au Congo ?

Avec joie, mais dans quelques années quand et si mes proches n’auront plus besoin de moi.

 

Pourrait-il y a avoir une suite à Syndrome O dans l’avenir ?

Peut-être, mais ce n’est pas d’actualité.

 

Ce livre commence à remporter un joli succès, quels sont les premiers retours des lecteurs et vos pairs ?

Succès, peut-être pas, mais disons que les critiques sont bonnes tant de "dévoreurs de livres" comme vous ou de lecteurs plus lambda.

 

Etes-vous dans l’écriture d’un nouveau roman en ce moment ?

Oui, qui est quasi achevé, je m’autorise quelques temps morts pour des relectures. Il se nommera « Porte d’entrée. » « Syndrome O » est beaucoup plus léger à côté.

Une dernière question que je ne vous aurai pas posé, et que vous souhaiteriez répondre ?

Des remerciements plus que des questions, à Yves Morvan des éditions chemins de tr@verse et Bruno Ochin des éditions abordables. Et plus loin dans le temps à Karine Mazloumian qui travaillait alors aux éditions Régine Desforges, sans lesquels mes petits textes seraient restés dans leur tiroir.

 

Bénédicte je vous remercie pour cet entretien, et maintenant si vous le souhaitez un petit questionnaire comme si nous étions dos à dos, en toute intimité avec réponse courte et instantanée.

 

Si vous étiez :

Une partie de votre corps ? Le ventre, c’est le siège des émotions.

 

Une couleur ? Le bleu, je ne sais pas pourquoi.

 

Chaud ou froid ? Bouillant.

 

Mer ou montagne ? La montagne mais au bord d’un lac.

 

Un défaut et une qualité ? Etourdie et étonnée.

 

Chat ou chien ? CHAT.

 

Une saison ? Le printemps.

 

Salé ou sucré ? Les deux.

 

Une boisson, un plat, un dessert ? Le champagne, le saumon sauvage d’Irlande et la mousse au chocolat de mon enfance.

 

Un moment de la journée ? Le soir qui dure très longtemps.

 

Des vacances idéales ? Celles que j’ai passées sur la côte ouest des Etats-Unis.

 

Un superpouvoir ? Voler.

 

Si vous aviez le pouvoir de modifier les choses, que changeriez-vous dans le monde ? Je supprimerai les lieux communs et les préjugés.

 

Bénédicte Vidor - Pierre, je vous remercie infiniment pour cette interview,

Manu.

 

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