Publié par Patrick

Interview de Cathy Galliegue

Interview de Cathy Galliegue

 

 

Bonjour Cathy, comment allez vous ?

 

Bonjour, Manu. Je vais très bien, toujours sous les rayons ardents du soleil amazonien !

 

Pouvez vous nous dire en quelques mots (ou phrases) qui est "Cathy Galliègue" ?

 

Si seulement je le savais ! Au tout début, j’étais un accident, celui d’une rencontre improbable qui n’aurait pas dû exister. Mais je ne suis pas la seule, n’est-ce pas ? J’ai développé très tôt un imaginaire certain. Je m’inventais des histoires, je les écrivais parfois, je rêvais surtout beaucoup. Le monde, finalement, est ce que nous en faisons.

J’ai exercé beaucoup de métiers différents, parce que beaucoup de domaines m’intéressaient, mais sans jamais oublier que le travail est le seul moyen connu de gagner sa vie honnêtement. C’est pour moi un acte alimentaire et certainement pas ambitieux. La vie est ailleurs, dans l’écriture, par exemple. J’habite depuis deux ans en Guyane, où j’ai terminé l’écriture de mon premier roman, un département, que certains appellent «pays», d’autres « île », bien loin des clichés hérités des bagnes. La forêt amazonienne est une source d’inspiration inépuisable. Je me demande parfois si ses fleuves ne charrient pas un peu d’encre… Il n’y a plus qu’à y tremper la plume et à se laisser embarquer.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

 

Vous voulez vraiment le savoir ? Ca risque d’être très long, vous savez… Comme j’étais relativement paresseuse, j’ai choisi des études et des métiers qui me plaisaient et ne demandaient pas trop d’efforts à fournir. J’ai d’abord été préparatrice en pharmacie,  pas tellement pour les médicaments allopathiques mais pour les préparations d’aromathérapie, pour le pouvoir guérisseur des plantes. Ensuite, j’ai vu Clémentine Célarié embrasser un homme atteint du SIDA au cours du premier sidaction, j’ai été bouleversée,  comme beaucoup ce soir-là, et j’ai décidé de raccrocher la blouse pour travailler auprès des patients séropositifs. J’ai dû être convaincante parce qu’une semaine plus tard, je commençais à bosser dans une structure d’accueil pour toxicomanes, qui gérait également une «maison SIDA» (très poétique, n’est-ce pas ?) J’y ai passé deux ans. Toujours dans le domaine social, je suis devenue officiellement éducatrice et j’ai travaillé en Institut Medico Professionnel, auprès d’ados en « grandes difficultés », comme on dit. Et après ces quelques années à en prendre plein la poire émotionnellement, je suis retournée vers la pharmacie, mais côté labo, où j’ai été successivement en charge des publications scientifiques, puis de la pharmacovigilance (traitement des effets secondaires). En parallèle, j’ai obtenu une licence en gestion documentaire. Après cela, je me suis trouvée une nouvelle passion : les relations de presse. J’ai donc créé ma boite et me suis lancée. Depuis que je suis arrivée en Guyane, j’ai travaillé pour la chaine de télévision Guyane1ère, où j’ai animé une quotidienne littéraire, et je suis aujourd’hui documentaliste à l’Université de Guyane.

 

Vous êtes l'auteur du roman "la nuit, je mens", pouvez vous nous raconter avec vos propres mots le synopsis de cette histoire ?

 

Vous avez raison de me demander «mes propres mots». La 4ème de couverture, à mon sens, ne reflète pas la dimension sombre de ce roman, elle en fait presque une histoire à l’eau de rose. Et ce n’est vraiment pas le propos de l’histoire.

L’histoire, donc, d’une jeune femme qui n’a jamais oublié son premier amour, un amour unilatéral. Guillaume était aussi beau qu’écorché jusqu’à la moelle, il n’aimait ni la vie, ni lui, ni Mathilde. Devenue adulte et alors qu’elle vit avec Gaspard, un DRH aux allures de gendre idéal, Mathilde apprend que Guillaume s’est suicidé. Dès lors, une danse macabre va commencer, l’entrainant la nuit, d’abord en rêve, dans les bras d’un Guillaume plus vrai que vivant. Au bord de la folie, elle tentera, au cœur de ce ménage à trois, de ne pas basculer tout à fait, qu’on ne l’envoie pas brouter le gazon des fous.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour écrire ce roman ?

 

Une petite année.

 

Les personnages tous forts en caractères sont attachants,  vous êtes vous inspirée de personnes que vous avez croisé ou qui sont dans votre entourage pour ce livre ?

 

Non. L’idée de ce sujet est venue de ma grande difficulté à affronter la mort, celle des proches, des gens qui nous sont chers. Le plus difficile des deuils est sans doute lorsque cet être cher décide lui-même de s’ôter la vie. J’avais mon sujet de départ. Les personnages se sont dessinés ensuite. Parce que j’ai une tendresse particulière pour les êtres fragiles, border line, comme on dit, ceux qui encaissent des émotions trop violentes pour ne pas laisser de traces. J’aime ces gens-là, bien plus que les autres, tout lisse, qui regardent les éclopés avec mépris.

 

 

Quels sont les retours des lecteurs sur "La nuit, je mens" ?

 

Je n’aurais pas rêvé plus beaux retours ! Je m’attendais à ce que ce roman ne plaise pas à tout le monde, j’étais prête, armée pour les critiques assassines. Et puis rien. Que du bon. Des retours infiniment touchants de lecteurs à qui, pour la grande majorité et pour différentes raisons, cette histoire a parlé. En quelque sorte, La nuit, je mens a créé un pont entre nous, une sorte d’intimité bien au-delà de ce que j’espérais.

 

Est ce que le livre sortira en poche ?

 

Très bonne question. Mon éditeur m’a dit avoir « quelques pistes » . Je ne sais pas ce que ça veut dire et je ne sais pas, si ces pistes se transformaient en autoroute,  à quelle date sortirait le format poche.

 

J'ai beaucoup aimé votre livre, et je ne vous cache pas qu'à plusieurs reprises pendant la lecture, (et même encore aujourd'hui), je m'imaginais ce livre mis en lumière dans un film, soyons fous Cathy, quels comédiens et actrices verriez vous dans les rôles des personnages de votre histoire ?

 

Vous pensez bien que folle, je l’ai été, et que j’ai déjà le casting tout prêt, bien rangé dans mon imagination galopante. Du coup, comme on est fous, on y va fort !

Mathilde : Laetitia Casta

Guillaume : Louis Garrel

Gaspard : Gaspard Ulliel

Louise : Kristin Scott Thomas

Dino : Vincent Cassel

 

Ou les lecteurs peuvent ils vous retrouver dans les prochains mois ?

 

Hélas, rien n’a été prévu pour ce roman en terme de salons ou de signatures. Je le regrette profondément, mais il faut accepter ce qu’on ne peut pas changer. Je serai présente au salon du livre à Cayenne, du 22 au 25 novembre. C’est tout.

 

Dans quelles conditions aimez vous écrire ?

 

L’idéal absolu, c’est la nature. Et j’ai remarqué que dans ce contexte, j’écris mes plus belles fulgurances, à la main. Il y a comme un contact charnel entre la nature, l’esprit, la main, le papier et les choses viennent, sans forcer. Mais comme je ne peux pas encore passer tout mon temps à l’état sauvage, j’écris à ma table de travail, parfois sur mon canapé, assise en tailleur, j’écris surtout quand l’écriture m’appelle. C’est toujours elle qui commande. Je suis aux ordres.

 

Vous venez de terminer votre nouveau roman, " les souliers rouges," sans en dévoiler l'histoire bien sûr,  pourriez vous nous donner un tout petit indice ou l'univers dans lequel se déroulera ce livre ?

 

Ah ce livre ! J’espère de tout mon cœur qu’il séduira un éditeur, parce que du cœur, j’en ai mis là-dedans, je vous assure ! J’ai voulu aborder la question de la mémoire traumatique. Betty, mon héroïne, est tombée dans un trou de mémoire quand elle était petite. Sa mère s’est volatilisée, comme ça, du jour au lendemain. Dans ce roman, il est question de ces traumatismes que le cerveau range dans un coin, pour qu’ils soient moins lourds à porter, il est question aussi de l’addiction alcoolique, du deuil impossible (encore) et du pouvoir salvateur de l’amour.

 

Avez-vous déjà commencé l'écriture d'un nouvel ouvrage ?

 

Oui. Cette fois, je plante le décor en Guyane, dans un village amérindien qui s’appelle Camopi.

 

Avez-vous toujours écrit des histoires et nouvelles ?

 

Non. J’ai écrit sur mes blogs successifs, j’ai écrit des lettres à Françoise Sagan (riez pas, elle est mon amie imaginaire), mais j’avais très peur de me lancer dans une écriture qui serait lue. Désormais, je crois que je ne pourrais plus m’en passer.

 

En plus d'écrire, vous lisez énormément, Quel est votre dernier Coup de Cœur littéraire ? 

 

Le tout dernier, c’est L’homme de ma vie, de Yann Queffélec. Cette écriture parle à l’intime, elle est élaborée et simple, elle est tout à la fois, elle est, je crois, ce que chaque auteur voudrait atteindre au moins une fois : une imparfaite perfection, comme la vie.

 

Y a-t-il une question que je ne vous pas ai posé auriez vous voulu trouver dans cette interview ?

 

Je crois que la question à laquelle il est vraiment difficile de répondre, c’est : êtes-vous heureux ?

Si vous me l’aviez posée, j’aurais répondu que je suis heureuse parfois, et c’est déjà beaucoup.

 

Cathy Merci beaucoup, puis je abuser un peu de votre temps et vous faire répondre à questionnaire du Tac au Tac ?

 

Si vous étiez…

 

Une fleur ? La pivoine

 

Un fruit ? Une cerise double, celles dont les petites filles se font des boucles d’oreilles

 

Une saison ? J’ai oublié les saisons en Guyane. Mais si je devais revenir en métropole, ce serait

l’automne, quand il est l’été indien.

 

Un lieu dans le monde ? Lola ya bonobo, un sanctuaire à Bonobos, à côté de Kinshasa

 

Un monument ? Le Taj Mahal

 

Une musique ? Erik Satie Gymnopedie n°1

 

Un film ? La vie est belle de Roberto Benigni

 

Un livre ? Bonjour tristesse. Sagan

 

Un animal ? Un bonobo

 

Une boisson ? Le lait de la tendresse humaine et s’il n’y en a pas,  une caïpirinha

 

Un plat ou (et) dessert ? Des pâtes aux truffes blanches

 

Une époque (siècle ou Période) ? Les années folles.

Un personnage réel ou fictif ? Romy Schneider

 

Un véhicule ? Un vieux pick up, avec des ballots de paille à l’arrière.

 

Un parfum ? Celui de l’enfance, dans la maison de ma grand-mère.

 

Une qualité, un défaut ? La paresse, qui est une qualité et un défaut, n’est-ce pas ?

 

Un super pouvoir ? Le pouvoir de guérison

 

Merci beaucoup Cathy.

 

Je vous conseille vraiment de vous plonger dans le roman de "La nuit, je mens", chez Albin Michel, en attendant de lire «Les souliers rouges».

 

Merci, Manu ! Elles étaient chics, vos questions !

 

 

Retrouvez mon avis sur le livre La nuit je mens de Cathy Galliegue en cliquant ICI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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